Catalogue des spectacles disponibles 

Tout public

Couleur femme : Pour répondre au thème de la manifestation nationale du Printemps des Poètes 2010, Textes & Rêves et la Caravane des Poètes ont demandé à Henri Ronse de créer un nouveau spectacle intitulé Couleur Femme. Ce projet se présente d’abord comme une anthologie vivante de la poésie féminine du monde entier, de Sapho à Valérie Rouzeau, de Louise Labé à Marie Noëlle, de Christine de Pisan à Marina Tsvetaieva, d’Ingeborg Bachmann à Véronique Pittolo, d’Anna Akhmatova à Marianne Moore, d’Armelle Leclercq à Andrée Chédid, d’Emily Dickinson et Nelly Sachs à Sylvia Plath, des mystiques espagnoles aux voix des femmes afghanes,… Dans cette polyphonie vibrante, les femmes poètes prennent la parole avec audace et liberté, avec joie, humour ou gravité pour dire autrement leur différence et revendiquer leur place dans le siècle et leurs droits à une égalité qui n’est encore parfois qu’illusoire. Leurs parcours, qui se croisent et se font écho, traversent toutes les révolutions formelles de la poésie, des formes classiques à la performance. Couleur femme célèbre aussi l’image de la femme, muse ou pécheresse, ange ou diablesse, figure du lointain désir ou corps brûlant, qui hante la poésie universelle de Diane à Nadja, d’Hélène à Elsa, des blasons du corps féminin aux égéries des surréalistes. On y croise les voix d’Aragon, de Prévert, de Villon, de Baudelaire, de Nerval, de Ronsard, de Desnos, de Senghor, de Stefan, d’Apollinaire et de Larbaud. La parole dite y rejoint la parole chantée. Une célébration  magnifique des plus hautes figures féminines de la poésie.

Afriques, tam tam d’espoir et de révolte : la poésie africaine a transformé la poésie francophone en lui apportant au milieu du XXème siècle, au seuil de la décolonisation, un foisonnement d’images et de rythmes nouveaux. De l’Orphée noir de Sartre à Senghor et Césaire et jusqu’aux poètes africains actuels, des totems aux mythologies, de la grande sagesse archaïque à l’esclavage et aux guerres tribales, de la splendeur à la misère des corps, du « devoir de violence » aux famines endémiques, ce montage développe un panorama de la poésie africaine que traversent aussi les images du continent noir dans la poésie du monde (depuis le fameux Tu es nègre de Rimbaud).

Les  poètes du voyage : plusieurs montages différents sur ce thème, composés de textes de Baudelaire, Apollinaire, Valéry Larbaud, Blaise Cendrars, Victor Segalen, Jodelle, Michaux, du Bellay, William Cliff, Mallarmé, Jean Michel Maulpoix, Rimbaud, Levet, Delvaille, Michaux, Pessoa, Cocteau, Calaferte, Brauquier, Michel Leiris, Paul Morand, Max Elskamp, Marcel Thiry, Michel Deguy, André Velter, Michel Butor, Jacques Reda,... Joyeux ou nostalgiques, mélancoliques ou rêveurs, inquiets ou insouciants, les poètes voyagent et leurs voyages deviennent musique et ces voyages, réels ou imaginaires, dessinent une carte étrange qui nous invite à la promenade dans la diversité des villes et des paysages  -ou au-dedans de nous-mêmes.

Au Cabaret des mots en folie : Dans la tradition du cabaret littéraire qui a connu tant de succès à Montmartre au temps de Bruant et du Chat noir, un moment de pur bonheur dans l’humour et le délire verbal où des comédiens « allumés » jonglent, en textes et en chansons, avec les mots : humour noir, humour rose, humour rosse. Dans un désordre saugrenu et malicieux, les poètes tirent la langue ; ils font danser la grammaire et valser le bon sens. C’est la java des bombes atomiques, la complainte du hareng saur, le triomphe des poèmes hydrocéphales, la rengaine du fils de la femme poisson. Une sarabande de textes, de sketchs, et de chansons, de Boris Vian, de Robert Desnos, d’André Frédérique, de Boby Lapointe, de Raymond Queneau, de Jacques Prévert, d’Alfred Jarry, de Louis Calaferte, de Maurice Rollinat, de Charles Cros, d’Alphonse Allais, des Frères Jacques et de Charles Trenet,… Un spectacle joyeux, loufoque, tonique, plein de surprises, auquel on peut venir en famille : il réjouira tous les publics.

La poésie écrit le réel : on croyait un peu vite que la poésie était le domaine du vague, du rêve, de l’indécis, de l’évasion. On la disait distraite, en dehors du réel. On la découvre ici, dans son âpre parti pris des choses, engagée avec exactitude et minutie dans la recherche de la restitution de l’objet, attachée à relever le défi des choses au langage. On la découvre aussi occupée à se coltiner le réel dans les luttes de l’histoire : poésie de la Résistance et de la déportation, poésie de l’exil, poésie d’après la Shoah chez Celan, poésie du combat palestinien chez Mahmoud Darwich, chants des femmes afghanes,… On y croise « Le rebutant » de Sampiero, et les « sonnets de la mort » de Bernard Noël, poème-limite de la torture en Algérie. Ponge s’y confronte ironiquement au savon et Verheggen aux rappeurs et aux slameurs.

Poésie Circus : La figure du clown ou du saltimbanque hante la poésie et la peinture depuis la fin du siècle dernier comme un autoportrait travesti de l’artiste. Les poètes ne sont pas en reste. Ils aiment les forains, les acrobates, le clown, le jongleur, le dompteur, l’écuyère, le funambule, la ménagerie, le prestidigitateur. Ce spectacle rassemble les poèmes qu’ils ont consacrés à cette épiphanie dérisoire de l’art et de l’artiste et nous invite à rêver à ce moment où peintres et poètes eurent l’intuition qu’ils devenaient les animaux malades de la Grande Ménagerie Mondiale et où quelques-uns comprirent que le temps était venu de « la relève des dieux par les pitres ». Textes de Genet, Baudelaire, Nietzsche, Tardieu, Laforgue, Mallarmé, Gérard Bialestowski, Banville, Apollinaire, Rilke, Max Jacob, Verlaine, … La musique de Nino Rota pour les clowns de Fellini emporte cette parade dérisoire et émouvante dans un tourbillon sans fin.

Des mots et des mets – à table avec les poètes : un choix de textes poétiques autour de la table, de la gastronomie, de la gourmandise avec des auteurs comme Colette, Cendrars, Queneau, Franc-Nohain, Norge, Apollinaire, Jarry, Molière, Novarina, Saint Amant, Li Po, Cassou, Charles Cros, Ponge, Prévert, Desnos, Reverdy, … et deux textes surprenants de Jean Pierre Coffe, qui se prolongent par un florilège des poètes qui ont chanté le vin, la vigne et les vendanges, de Baudelaire à Omar Kayyam, de Claudel à Hölderlin, d’Apollinaire à René-Guy Cadou. Un moment rare de fête du goût et des mots qui peut, dans les pays de vignerons, s’accompagner d’une dégustation qui en accroit la chaleur conviviale.

 Des Poètes dans la Résistance : la Caravane des Poètes a créé, au départ pour les classes de troisième des collèges qui sont amenées à traiter à la fois de la poésie engagée et de la deuxième guerre mondiale, un spectacle original qui évoque l’efflorescence de la poésie française au moment de la Résistance. Le succès rencontré par ce spectacle auprès des jeunes et des enseignants de français et d’histoire a conduit Textes & Rêves à créer en 2010 une nouvelle production qui puisse  s ‘adresser aussi bien aux adultes, aux anciens, qu’aux jeunes. Dans ce nouveau montage qui rappelle les conditions de publication en pays occupé (clandestinité, parachutage de poèmes-tracts, poèmes cryptés…), qui situe les circonstances d’écriture de la plupart des textes, qui ne néglige pas non plus les différences politiques, religieuses des auteurs ni la réflexion sur les formes poétiques particulières à ce moment de l’histoire (retour aux formes classiques, au vers régulier, importance de la transmission orale,…), sont rassemblés des textes de Aragon, Max Jacob, Benjamin Fondane, René Char, Eluard, Desnos, Marianne Cohn, Jean Tardieu, Guillevic, Pierre Emmanuel. On y retrouve aussi quelques-uns des Trente-trois sonnets composés au secret de Jean Cassou, des textes écrits par des déportés dans les camps, Primo Levi, Mosche Schulstein, des poèmes pamphlétaires et des chansons comme L’accordéoniste de Piaf, L’Affiche rouge de Ferré ou Le Chant des partisans.

                                                     

Jeune public

Fables avec ou sans moralité : Un montage très rythmé de fables d’époques diverses, de l’Antiquité à aujourd’hui. Il part ainsi d’Esope et des fables de La Fontaine pour aboutir à des auteurs contemporains tels que Raymond Queneau, Jacques Prévert, Michel Besnier (Le Rap des rats) et  Jacques Roubaud, … Par l’écho qu’il suscite d’un texte à l’autre, le déroulement du spectacle met en valeur la pertinence du genre de la fable comme satire et critique détournée des comportements humains : derrière les animaux, des hommes. Joué sur un rythme vif, qui mêle le chant et la parole, ce spectacle bénéficie en outre d’un environnement visuel de qualité, à travers les œuvres de peintres et d’illustrateurs d’époques différentes, tels que Oudry, Grandville, Gustave Doré, Benjamin Rabier, Henri Galeron et Prévert, lui-même, à travers ses collages.

Les Mots gourmands : Le poète est gourmand de mots. Ils sont pour lui autant de friandises qu’il aime à partager avec petits et grands. A propos des nourritures les plus simples ou les plus exotiques ce spectacle vous fait découvrir ou retrouver le menu du boa selon Roubaud, ou la diététique du cochon qui voulait devenir top model,  les goûters de Colette, le Hareng saur de Charles Cros et mille autres textes malicieux et savoureux de Norge, Ponge, Cendrars, Prévert, Obaldia ou Desnos, autour de la gourmandise.

Le Cirque des animots : Créé avec succès lors du Festival d’Avignon 2007, ce spectacle réunit quatre comédiens et chanteurs : Marie Poumarat, Garance Duarte, Patrice Dehent et Henri Ronse. On s’y aventure sous le chapiteau imaginaire d’un cirque fabuleux avec son clown, ses écuyères, son vieux funambule, sa ménagerie loufoque, ses personnages étranges et fascinants qui font rire ou rêver les enfants, en poèmes et en chansons par la magie du rythme et des voix, sur des textes et des musiques de Jacques Roubaud, Poulenc, Charles Cros, Robert Desnos, Georges Brassens, Guillaume Apollinaire, Gérard Bialestovski, Boby Lapointe, Jacques Prévert, Charles Trenet, Michel Besnier.

Le Rap des Rats : un moment de pur bonheur dans le délire verbal où des comédiens « allumés » jonglent avec les mots, avec les sonorités, … On y passe de l’onomatopée au calembour, du non sense à la comptine sur des chansons de Boby Lapointe, Trenet et Boris Vian et sur des textes de Desnos, Obaldia, Valérie Rouzeau, Prévert, Lewis Caroll, André Frédérique, Jacques Roubaud, Louis Calaferte, des Exercices de style de Raymond Queneau au fabuleux Rap des rats de Michel Besnier, …