Portrait d’éditeur
un nouvel axe de travail
pour la Caravane des Poètes

Depuis six ans, la Caravane des Poètes a organisé en Région Centre, dans les six départements (Eure-et-Loir , Loiret, Loir-et-Cher, Indre, Cher, Indre-et-Loire) plus de 700 manifestations autour de la poésie sous toutes ses formes : spectacles, nuits de la poésie, lectures, ateliers d’oralité du poème, ateliers d’écriture, rencontres avec des poètes, expositions, publications, journées du livre de poésie pour l’enfance et la jeunesse ainsi qu’ une manifestation d’intérêt national, le Salon international de l’édition - et de la revue - de poésie qui se tient désormais, chaque année, le premier week-end de juin, dans les jardins du domaine de George Sand à Nohant.
Au cours de ces manifestations, la Caravane des Poètes a fait entendre plus de 20000 poèmes et réuni au fil des ans plus de 75000 spectateurs. Elle a rapproché de la parole poétique un public parfois inattendu, dans des lieux souvent surprenants, hors des sentiers de la culture balisée.
A travers ses différentes approches, la Caravane des Poètes a toujours veillé à réserver une place privilégiée à la poésie contemporaine la plus actuelle.
Aujourd’hui, avec ce portrait d’éditeur consacré à Al Dante, elle inaugure une nouvelle approche.
Il s’agit de rassembler d’abord tous les ouvrages publiés par un éditeur qui se voue de manière prioritaire à la poésie contemporaine et de prolonger ce rassemblement par un ensemble de manifestations : expositions, lectures, performances, débats, signatures. Demander à des poètes qui ont eu eux-mêmes souvent une expérience de l’édition en marge (et de la publication de revues) ce que représente pour eux la figure de l’éditeur, la fidélité à un éditeur ; les interroger sur la relation au catalogue, sur la relation des auteurs entre eux, à l’intérieur d’un catalogue ; rechercher quel type de nouveau compagnonnage entre écrivain et éditeur s’invente autour d’une maison d’édition comme Al Dante ; chercher les articulations entre conflits et complicités ; analyser les dangers d’une logique de clan ; essayer de cerner quel type de communauté informelle s’instaure là ; interroger aussi les difficultés économiques et politiques que rencontre une édition indépendante et comment elle se situe par rapport aux majors ; essayer de préciser enfin comment s’articule au livre de nouvelles pratiques (poésie visuelle, poésie sonore, CD, DVD, performances) qui se situent hors champ du livre : telles sont quelques-unes des questions qui se lèvent autour d’un tel projet et qui sont sans doute déterminantes pour l’avenir même du livre de poésie.
Chaque portrait d’éditeur s’efforcera d’associer à la présence des poètes, le travail - si important à travers les territoires - des bibliothèques, des librairies et des réseaux enseignants. A ce propos, nous ne pouvons que nous réjouir de la collaboration exemplaire, établie pour ce premier portrait d’éditeur autour d’Al Dante, avec les Bibliothèques de Blois, la librairie Labbé et l’Ecole d’art de la ville.

Henri Ronse


La Caravane des Poètes,
en collaboration avec les Bibliothèques
et l’Ecole d’art de Blois,
présente

PORTRAIT D’EDITEUR : AL DANTE

Fondées par Laurent Cauwet en 1996, les éditions Al Dante publient essentiellement de la littérature expérimentale, des poètes et des romanciers contemporains initiateurs d’une littérature hors des sentiers battus, ainsi que des ouvrages de réflexion sur l’art vivant. Al Dante est un éditeur ouvert à toute expérimentation parce que « tout est encore à inventer, loin des productions formatées ». Al Dante ne se limite pas au livre mais le prolonge par le CD, le DVD ou des performances et propose ainsi une extension physique du texte, un lien direct et privilégié avec le récepteur. Il pose constamment la question de la part sonore de l’écrit.

 

Editeurs et revues de poésie
présents sur la caravane


Depuis cinq ans, la Caravane des Poètes a présenté le travail de nombreux éditeurs et revues francophones devenus les habitués de ses diverses manifestations.
Parmi eux :


Editeurs

Al Dante
Actes Sud
Atelier La Feugraie
Bayard
Belin
Jacques Brémond
Casterman
Cherche-midi
Derrière la salle de bain
Collodion
Compact
José Corti
Farrago
Fata Morgana
Flammarion
Gallimard
Hachette
In’hui
Inventaire Invention
La Polygraphe
La Table ronde
L’Ecole des Loisirs
Le Cri
Les petits classiques du grand pirate

Le Dé bleu
Le Farfadet bleu
Le Seuil
Lettres Persanes
Le Temps qu’il fait
Lo Païs
Mango
Mercure de France
Milan
Motus
NEPE – Ventabren art Contemporain
Obsidiane
Jean-Michel Place
P.O.L.
Rougerie
Rue du Monde
Seghers
Soc et Foc
Tarabuste
Thierry Magnier
William Blake & Co


Revues

Action poétique
Conférences
Docks
Ficelle
Grèges
If
La Main de singe
Le Mâche-laurier
Les Cahiers du CIPM
Neige d’août
Nioques
Nouveau Recueil
Petite
Po&sie
Poésie 1 /Vagabondage
Revue des Belles Lettres
Tija
Travioles

Les Promenades d'été

Les lieux
L’un des objectifs de ce projet est la rencontre de l’art vivant et du spectacle vivant avec des lieux à découvrir ou à redécouvrir du patrimoine architectural ou naturel en milieu rural en pays Dunois et en pays de Beauce. Ces lieux ont été soigneusement choisis en fonction de leur intérêt et de leur diversité : ferme de la Basse-Cour à Gommerville, moulin d’Ymonville, écomusée de la Vallée de l’Aigre à la Ferté-Villeneuil, place de l’église de Dangeau, Moulin de Frouville-Pensier à Ozoir-le-Breuil, église de Meslay-le-Vidame, plan d’eau d’Auneau, abbaye de Nottonville.

Des artistes en campagne

Pour Textes & Rêves et pour la Caravane des poètes, la présence de l’art dans les campagnes aujourd’hui est une préoccupation primordiale. Elle s’incarne particulièrement avec ce projet qui a été minutieusement préparé par la recherche sur le terrain des divers lieux de représentation et à travers une résidence d’artistes à la ferme de la Basse-Cour qui préludera à la création du spectacle.

Une création originale
Les Promenades d’été sont une création théâtrale et musicale pour cinq interprètes, piano, voix chantée, voix parlée. Le spectacle écrit et composé par Henri Ronse se présente comme un collage original de musiques et de poèmes, de scènes et de récits, de contes et de chansons mêlant, dans une construction subtile, les genres et les formes artistiques. Il évoque la magie d’un moment immobile où le temps se suspend, où les sens s’aiguisent quand les odeurs montent de la terre et que notes, images, voix, textes s’élèvent pour rassembler adultes et enfants et les inviter, par l’art de mythes très anciens et de mots familiers, à retrouver une rêverie millénaire qui rattache le bonheur et l’insouciance d’une saison à l’énergie mystérieuse de la terre

Les thèmes
Les Promenades d’été évoquent cette période de l’année qui va du solstice, des feux de la Saint-Jean aux vendanges. Dans la ronde des saisons, c’est le temps des moissons, de la fenaison, de la canicule, des orages ; dans le loisir des hommes et dans les combats de leur histoire, ce sont les fêtes nationales, les grandes vacances, l’invention des congés payé, Sea, sex and sun, la sieste, la saison des amours puis la rentrée des classes. Tous ces thèmes, insouciants ou mélancoliques, immémoriaux ou modernes composent un parcours où l’on passe du sourire à l’émotion, du rire au rêve comme un album d’images qu’on feuillette, comme les vacances qu’on a vécues ou qu’on projette, vif comme le swing, furtif comme un amour d’été ou lent et obstiné comme le travail des hommes sur la terre. Un spectacle contrasté et vivant.

Les textes
Parmi les textes qui composent l’architecture des Promenades d’été, on retrouve des poèmes de Rimbaud, de Cocteau, d’Anna de Noailles ou de très anciens petits poèmes japonais, l’extraordinaire Booz endormi de Hugo, un conte africain, des proses de Colette, des pages de La Terre de Zola sans oublier quelques-uns de nos contemporains majeurs comme Pierre Michon.
Les musiques
La musique est très présente dans ces Promenades d’été. Elle est aussi très contrastée car si l’on y entend un impromptu de Schubert, des Danses Roumaines de Bartok, la danse du meunier et la danse de la meunière du Tricorne de Manuel de Falla, une arabesque de Debussy, des mazurkas de Chopin, on y retrouve aussi d’anciennes chansons françaises, la Chasse aux papillons de Brassens, les Blés de Brel, des mélodies de Trénet, Léo Ferré, Piazzolla, et aussi les Négresses Vertes et Boby Lapointe…

Décor et costumes
Le spectacle se joue en plein air devant un moulin, sur le porche d’une église, dans une abbaye ou sur un site naturel. Dans le plein jour ou dans la nuit de l’été, entre projecteurs et clarté naturelle, il se présente tantôt comme un rêve ébloui de lumière, tantôt comme le songe d’une nuit d’été. Il suffit de quelques bottes de paille, de meubles de jardin disséminés autour d’un clavier pour que s’instaure le temps du rêve et des histoires. L’affiche du spectacle reprend l’admirable tableau de Poussin consacré à l’été : les costumes évoquent dans des matières et des formes simples, sans âge, les couleurs du peintre.

Les interprètes
Ce spectacle de textes et de musiques a été conçu par Henri Ronse. Il est interprété par François Cornu, pianiste, Garance Duarte, chanteuse et accordéoniste, et trois comédiens : Marie Poumarat, Patrice Dehent et Henri Ronse.
Les partenaires
Les Promenades d’été sont une création de Textes & Rêves et de La Caravane des Poètes réalisée avec le soutien du Pays de Beauce, du Pays Dunois, de l’Eure-et-Loir, de la Région Centre, du Ministère de la Culture et de Leader +.


A propos des Promenades d’été


Comment sont nées les Promenades d’été ?

A Noël 2004, j’avais réalisé avec Marie Poumarat, Garance Duarte et François Cornu, un spectacle intitulé Le Voyage d’hiver. Ce spectacle avait été créé à la demande de Philippe Vigier qui recherchait une manifestation de qualité qui pourrait toucher tous les publics dans des petites communes rurales du pays Dunois et du pays de Beauce. Nous avons donc réalisé dix représentations, parfois dans des villages de moins de 300 habitants. Le défi était excitant ; le succès fut à la mesure des espoirs des uns et des autres. A la fin de l’année dernière, un nouveau projet est né pour prolonger celui-là, et nous avons rencontré les responsables du GAL Beauce Dunois pour monter une nouvelle opération dans le cadre du programme européen Leader + (qui a pour objectif de favoriser, de diverses manières, l’accès à l’art, à la culture et à la création en milieu rural).

Ce nouveau projet, ce sont donc Les Promenades d’été ?

Oui, après Le Voyage d’hiver, Les Promenades d’été. Nous prenons pour thème une saison, articulée autour du solstice : solstice d’hiver pour Le Voyage, solstice d’été pour Les Promenades. Il y a là quelque chose qui touche aux fondements des rythmes de la vie et que notre civilisation de la technique a un peu égaré. Depuis des siècles, les solstices et les saisons en général ont marqué la réflexion et la création des hommes : mythes, fêtes, rituels, rites de passage d’où dérivent contes, poèmes, musiques, chansons. Ce mouvement trouve des prolongements parfois inattendus dans l’art le plus contemporain.
Les spectacles que nous créons à ces occasions reflètent cette multitude d’approches. Ils se présentent, à chaque fois, comme un collage où se mêlent des musiques savantes et des musiques populaires, des contes, des poèmes, des récits et même des chansons. C’est une forme nouvelle, très ouverte, qui permet de toucher des publics très différents. Chacun peut trouver une entrée particulière au spectacle et, pour nous, c’est très excitant parce qu’aucune des représentations n’est semblable à la précédente.

Comment travaillez-vous ?

Je commence par lire, par écouter, par rêver. Je collectionne un matériau pléthorique de textes, d’images, de musiques. Pour l’été, par exemple, je suis parti d’un grand poème, Booz endormi de Hugo, de L’été, l’admirable tableau de Poussin, du Rameau d’or de Frazer, de quelques poèmes d’Yves Bonnefoy et de mon désir de travailler dans les paysages de Beauce sur cet extraordinaire roman visionnaire qu’est La Terre de Zola. Vous voyez que ce sont des éléments en apparence hétéroclites. Ils ont fonctionné chacun comme aimants qui ont attiré vers eux une limaille d’autres textes, puis j’ai parlé avec François Cornu et nous avons choisi des musiques pour piano, classiques, romantiques ou contemporaines. Et puis, j’ai commencé à constituer un choix de chansons où l’on trouve aussi bien les Blés de Jacques Brel que Couchés dans le foin de Mireille et Jean Nohain et des choses beaucoup plus contemporaines comme Les Négresses vertes ou Michel Jonasz. Ensuite, j’ai demandé à Garance Duarte, qui est chanteuse et comédienne, et à Patrice Dehent de travailler ces chansons et, à l’occasion, au cours des spectacles de la Caravane de cette année, ils en testaient l’une ou l’autre en public. Vous voyez, toutes les composantes du spectacle mûrissent ensemble. Et puis vient le temps de la mise en forme. Nous y sommes !

Ce n’est donc ni un récital de piano ou de chansons, ni un spectacle de poésie, ni un spectacle de théâtre ou de contes ?

Non. C’est autre chose : une forme nouvelle. Les artistes contemporains ont beaucoup travaillé, depuis le cubisme, sur le collage ou sur l’assemblage. C’est un peu de cette manière que je travaille et que je conçois ces spectacles. Il y a un corpus de textes (proses et poèmes), de musiques, de chansons et j’assemble, je trie et surtout je monte ensemble ces éléments pour en faire des petits moments théâtraux. Ces moments sont reliés entre eux par des textes de liaison que j’écris. Tout cela donne une forme mobile, vivante, qui est tout en contrastes, en ondoiements, en suggestions, avec de brutales ruptures. J’aime que, dans ces spectacles, on puisse à la fois, rêver et réfléchir, apprendre et divaguer. Moi-même, j’apprends beaucoup en les faisant. C’est comme si on revoyait toute l’histoire de l’art et de la littérature à partir de l’été, de sa réalité physique : chaleur, sécheresse, canicule, travaux des hommes.

Est-ce que les sites que vous avez choisis pour Les Promenades d’été ont influencé le spectacle ?

Evidemment, et c’est même l’une des dimensions qui sont à l’origine du projet. Je voulais, passez moi l’expression un peu conventionnelle, rendre hommage à un certain nombres de lieux du petit patrimoine rural. Il n’y a pas que la cathédrale de Chartres, Notre-dame de Paris et le château de Chambord ! Un moulin à vent, planté au milieu de la plaine de Beauce, entre l’infini des blés et l’infini du ciel, un plan d’eau, une grange à la charpente en carène de navire… peuvent être des trésors que l’on néglige, que l’on ne voit pas, que l’on ne connaît pas. C’est pourquoi nous avons choisi très minutieusement, Marie Poumarat et moi, les huit sites (quatre en pays de Beauce et quatre en pays Dunois) de ces promenades d’été. La plupart sont des sites de plein air. Le thème et la saison du spectacle y incitaient et j’ai choisi, en même temps, de relier chaque représentation au site particulier dans lequel elle se déroule, cela par les textes de liaison que j’ai écrits. Et croyez-moi, c’est très émouvant de se dire que l’on va partager avec le public des pages de cet extraordinaire roman visionnaire qu’est La Terre de Zola devant le moulin de Frouville-Pensier où Zola s’était rendu lorsqu’il avait fait son « enquête » sur le terrain, en Beauce, pour situer le contexte physique de son livre. J’aime cela parce qu’on entre dans un autre rapport plus riche, plus dense, plus complexe, à la fois, au texte et au monument. Le fait qu’à Frouville-Pensier par exemple, le spectacle se terminera avec la tombée de la nuit, au pied de ce moulin, dans cette plaine immense, balisée au loin par les petites lumières des éoliennes me touche profondément. C’est un moment qui dépasse la notion de spectacle. Je pense qu’il peut être sensible pour tous.

Parlons justement de la mise en scène du spectacle.

La scénographie est très simple et, d’une certaine manière, différente à chaque fois. Sa base est le monument qui fonctionne tantôt comme fond, tantôt comme habitacle. Les éléments scéniques seront quelques bottes de paille, quelques chaises et fauteuils, des draps blancs. Nous jouerons, tantôt en lumière naturelle, tantôt sous des projecteurs. Le centre de la scène, d’une certaine manière, (un centre qui n’est pas au centre) sera le clavier : un piano électrique sur lequel joue François Cornu. Les costumes, pour l’essentiel, s’inspirent des couleurs de L’été de Poussin, des jaunes, des bleus, des rouilles, ils seront tous de la même matière. Il n’y a pas d’effet spectaculaire, la recherche est celle d’une seconde simplicité mais toute notre attention est portée vers la qualité de la polyphonie : fluidité des enchaînements entre les textes et la musique, netteté des ruptures, texture des voix. J’attache une grande importance au côté « poème sonore » de cette aventure. Il y a trop de bruit autour de nous, il faut réapprendre à écouter et, de ce point de vue, le fait que la plupart des représentations se déroulent en plein air où la voix ne sonne pas de la même manière me passionne. Ce n’est pas toujours facile pour le chant, surtout comme lorsque, dans le spectacle, il est souvent donné à capella, mais j’aime toutes les ressources et les fragilités de la voix humaine.

Comment situez-vous ce spectacle par rapport aux autres spectacles de Textes & Rêves et de la Caravane des Poètes ?

Les premiers spectacles de Textes & Rêves depuis Mademoiselle Julie étaient des productions théâtrales au sens classique. Nous avons eu la chance qu’ils connaissent souvent un succès qui les a emmenés au-delà de frontières de l’Eure-et-Loir et même de la région Centre. Certains, comme Le Croissant de lune, Saletés ou Valse n°6 se sont joués plus de cent, cent cinquante fois dans les festivals, à l’étranger. Avec la Caravane, nous avons découvert une autre approche fondée sur la lecture mise en scène, sur l’itinérance. Notre objectif a été d’aller au-devant des publics, jouer partout sans contrainte ni pesanteur techniques. Depuis l’an dernier, on peut dire que ce pari est totalement gagné : plus de 20000 spectateurs chaque année sur les six départements de la région Centre. Nous avons joué dans des lieux parfois improbables, mal équipés, à l’acoustique difficile, tout sauf des lieux de spectacle. Nous avons joué sur l’eau, sur des marchés. Nous n’y étions pas toujours préparés. J’étais, pour ma part, plus habitué aux ors des théâtres nationaux et des opéras, et cela a été pour nous l’occasion de découvertes et de rencontres extraordinaires. Le moment est venu, d’une certaine manière, de faire la synthèse entre ce travail de la scène et ces expériences de terrain. Et des spectacle, comme Le Voyage d’hiver ou Les Promenades d’été sont un peu pour moi des « têtes chercheuses », des « OVNI », des objets théâtraux non identifiés. Une nouvelle forme de spectacle dans des lieux différents, à la recherche d’autres publics. Cela correspond à un nouveau temps de la décentralisation théâtrale et qui coïncide bien avec la réalité du territoire de notre région, principalement rurale. Il y a du pain sur la planche. C’est passionnant et je suis très heureux d’avoir fédéré, autour de ce projet, des artistes – comédiens, poètes, musiciens, chanteurs, plasticiens – très différents, de générations différentes.


HENRI RONSE